L'exemple de la Floride et du Honduras face aux cyclone.

Des sociétés inégales face aux risques?

 

Doc 1 : Les effets du cyclone Mitch au Honduras.

"L'association «c Prévention 2000» interroge son envoyé spécial au Honduras, Pierre-Marie Sarant, à la suite du passage du cyclone Mitch.
Prévention 2000 : Quelles sont les conséquences des pluies diluviennes?
P: M. Sarant : Des glissements de terrain; et les rivières se sont transformées en de très puissants torrents; leur débit a été multiplié par 10 ou 20. Les populations, essentiellement agricoles ont l'habitude de cultiver les pentes escarpées des volcans, toujours plus haut parce que le climat est meilleur et que les parcelles coûtent moins cher. On déforeste pour l'élevage et pour planter du café et du maïs, principales sources d'alimentation. Et on n'hésite pas, parce que les familles sont nombreuses et qu'il y a des bouches à nourrir. Du coup, les gens défrichent. Il n'y a plus d'arbres ni d'arbustes parce qu'ils sont transformés en charbon et en bois de chauffage. On ne replante pas, donc il n'y a plus de racines. Et rien ne peut retenir la terre quand il pleut: une situation propice aux glissements de terrain.
Un glissement de terrain emporte tout sur son passage: cultures, maisons, hommes, femmes, enfants.
Plus on est pauvre, plus l'habitat est précaire et plus on est exposé aux glissements de terrain et on
risque de subir la catastrophe naturelle. Les gens ont perdu leurs maisons, ils se retrouvent sans abris. Les réserves agricoles sont détruites, la nourriture manque gravement."
site Internet de l'association prévention 2000.

Doc 3 : Pauvreté et risque naturel


< Mitch aurait été meurtrier partout, mais seule la pauvreté peut expliquer la lourdeur du bilan.(... ) Les pays pauvres ne disposent pas de la technologie nécessaire pour diffuser les mises en garde, de ressources pour organiser des évacuations à grande échelle et d'abris. Les hélicoptères, les embarcations et les bulldozers pour les secours sont rares, de même que les équipements de télécommunications nécessaires au repérage des zones les plus sinistrées. [...] Les pays pauvres ont beaucoup de mal à se relever de ces cataclysmes. Les gens ne sont pas assurés. Le chômage causé par les destructions des bananeraies (Honduras) risque de les affamer. »
Washington Post, paru dans Courrier

Doc 4 : 2 Etats face aux cyclones.

 

  Mitch (Honduras) Georges (Floride)
Morts 6500 1
Disparus 11000 0
Dégâts en Mds $ 4 3
PNB/hb en 1998 ($) 840 31720
part de l'agriculture dans le PIB du pays 22% 2%

doc 5: dessin de Plantu, le Monde, novembre 1998/

1) Présenter les documents en les classant en fonction de leur nature. (1/2 page maximum) (4 points)
2) Vous exploiterez ces documents à l'aide d'un tableau en utilisant les thèmes suivant
- le cyclone, une catastrophe naturelle
- aggravée par les hommes
- et plus sévère pour les pauvres
(6 points) -
3) Synthèse : (8 points) ..
A l'aide des informations rassemblées dans le tableau, rédigez trois paragraphes, correspondant aux
thèmes, et répondant à la problématique.

CORRECTION PROPOSEE

CORRECTION: FLORIDE - HONDURAS
DES SOCIETES INEGALES
FACE AUX RISQUES ?

Présentation des documents : 4 points , .
Nous sommes en présence d'un dossier documentaire s'interrogeant sur l'inégalité des
sociétés comme la Floride et le Honduras face aux risques. _
Les documents 1 et 3 sont des textes.
Le premier est un entretien, suite au passage du cyclone Mitch, mis en ligne sur le site internet de l'association Prévention 2000. Il informe des effets du cyclone Mitch au Honduras.
Le document 3 est un extrait d'article du quotidien Washington Post, publié dans l'hebdomadaire Courrier International, paru du 12 au 18 novembre 1998. Cet article fait le lien entre pauvreté et risque naturel.
Le document 2 est une carte dont la source n'est pas précisée représentant la trajectoire du cyclone Mitch.
Le document 4 est un tableau récapitulatif et comparatif du passage de deux cyclones Mitch et Georges dans deux Etats différents respectivement au Honduras et aux Etats-Unis.
Le document 5 est une caricature de Plantu opposant pays riches et pays pauvres face aux risques naturels.

Tableau : 6 points

Doc Le cyclone; une catastrophe naturelle aggravée par les hommes plus sévère pour les pauvres.
1 -Mitch au Honduras
-Pluies diluviennes
-Glissements de terrains.
-Torrents à fort débit
-Culture sur les pentes escarpées des volcans;
-Déforestation et défrichements favorisent le glissement de terrain
-implantation humaine dans les zones à risque.
-Pas de rétention d'eau.
-Manque d'infrastructures, habitat préciare, bidonvilles
-crise alimentaire
2 -Risque naturel, risque climatique
-Cyclone tropical: violent tempête qui naît dans les eaux tropicales chaudes et dont les vents s'enroulent et forment de gigantesques tourbillons.
-Trajectoire aléatoire du Cyclone.
-Latitudes tropicales
  -bilan humain lourd
-destruction des récoltes; crise agricole et économique; crise alimentaire.
3 Mitch au Honduras.   Pauvreté : facteur aggravant;
peu de prévision;
peu de prévention par manque de technologie de télécommunication.
pas d'assurance donc pas d'indemnisation.
Réactions en chaîne: chômage et risque de famine.
4 Mitch au Honduras; Georges aux EU.

Des Cyclones au prénom masculin.

  -Bilan humain lourd au Honduras.
-Dégats matérielss importants
-Part de l'agriculture dans l'économie importante donc vulnérabilité face aux climats.

-Un PNB faible donc un pays vulnérable au moindre aléas économique ou climatique.

5 le cyclone; un risque parmi d'autres; sécheresse, pluies, raz de marée, tempête, inondations.   -nombreuses catastrophes climatiques au Sud où est la majorité des pays pauvres.

-Sous alimentation des pays pauvres.
Le Nord protégé par la richesse, l'opulence alimentaire et la prévention.


Synthèse : 8 points
Les sociétés humaines sont confrontées à de nombreux types de risques. Pour autant, sont-elles égales face aux risques ?
Nous prendrons comme exemple le cyclone Mitch qui a touché le Honduras et la Floride. Risque naturel d'origine climatique, le cyclone est une violente tempête qui prend naissance dans les latitudes tropicales et dont les vents violents et tourbillonnants accompagnés de pluies diluviennes dévastent tout. Sa trajectoire est aléatoire et il s'accompagne de réactions en chaîne comme les inondations et les glissements de terrain d'autant plus meurtriers que les hommes sont implantés dans les zones à risques.
Bien souvent, les catastrophes naturelles sont aggravées par les hommes. La culture sur les pentes, la déforestation et le défrichement sont massivement pratiqués dans les pays pauvres dont l'économie repose sur l'agriculture. Ces aménagements humains fragilisent les sols et aggravent les glissements de terrain. Ils rendent ces pays plus vulnérables.
La vulnérabilité est accrue dans les pays pauvres par le manque de moyens financiers et technologiques (télécommunications, plans d'évacuation) qui limitent la prévision et la prévention. De plus, les infrastructures déficientes comme l'habitat précaire aggravent les effets des catastrophes. Ainsi une catastrophe naturelle comme le cyclone Mitch a des conséquences beaucoup plus dramatiques et fait un grand nombre de victimes dans les pays pauvres. Le bilan humain, matériel et économique y est plus lourd car il faut prendre en compte les conséquences comme le chômage, les crises alimentaires voire la famine. Dans les pays riches, la surveillance des zones à risques et les exercices de prévention permettent de limiter les dégâts d'une catastrophe naturelle.
Face aux risques, les réponses des sociétés varient selon leur niveau de développement.