L'Enfer de Dora
Travaux de terrassement à l'entrée du Tunnel
Pendant des mois, des Kommandos sortent chaque jour du Tunnel pour des travaux de « terrasse » à l'extérieur.
Tous se souviennent du froid et surtout de la boue, évoquée par Benès
« Les pluies d'automne formèrent avec la terre molle et collante de la place d'appel provisoire une mare de 30 à 50 centimètres de profondeur. Sur les chemins inachevés, c'était encore pire. Lorsqu'un camion dépassait une colonne de détenus, ils étaient tous aspergés de la tête aux pieds par un déluge de boue. Même de bonnes chaussures n'auraient pas suffi, puisque la boue entrait par le haut. Voilà l'état dans lequel les gens rentraient au Block [du Tunnel] pour y dormir deux ou trois heures. La plupart grimpaient sur les châlits en chaussures sans se dévêtir, ni se déchausser. Les paillasses se transformaient en bourbiers". »
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Ces travaux étant exécutés loin du camp, il y a eu des tentatives d'évasion, sanctionnées avec férocité par les gardiens SS.


Maurice de la Pintière (31115) évoque les travaux de terrassement dans l'hiver 1943-1944.

Implanter l'usine dans le Tunnel
L'implantation de l'usine de production des V2 dans le Tunnel de Dora ne semble pas avoir été une opération facile. Selon un récit tardif de Rudolph, ce n'est que le 31 décembre 1943 qu'on a, symboliquement, chargé les quatre ou cinq premières fusées, d'ailleurs imparfaites, sur des wagons.


Werner Brähne, installation des machine par les détenus.

 Il existe de nombreux témoignages sur les conditions dans lesquelles les machines et les éléments de charpente ont été acheminés des wagons déchargés à l'extérieur du Tunnel jusqu'à leur emplacement dans l'usine. Dutillieux résume ainsi la manceuvre pour les machines : « Pour les manipuler, nos outils sont des planches, des madriers, des barres à mine, des rouleaux d'acier, des cordages.[ ...] On pousse et on tire . »  Comme la mine, comme la terrasse, la mise en place du matériel de l'usine a fait de très nombreuses victimes.


L'ampleur de la Mittelwerk, l'usine des V2, est visible à travers ces photographies des services de renseignements britanniques. Le Hall 33 abrite les machines outils et une presse hydraulique Weingarten haute de 6.5 mètres, ce qui a obligé à surcreusé le sol.

Source: Yves LE MANER, André SELLIER, op.cit.

Le Hall 23 et 24 abritent les coques centrales des V2.
Source: Yves LE MANER, André SELLIER, op.cit.

Le Hall 41 de 15 mètres de hauteur permet le contrôle des fusées en position verticale.
Source: Yves LE MANER, André SELLIER, op.cit.