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Le crématoire n'a pas, à Dora, fait
l'objet d'une attention prioritaire. Les cadavres, jusqu'à la fin de
mars 1944, sont transportés à Buchenwald pour incinération. On
connaît mois par mois le nombre de détenus de Dora incinérés à
Buchenwald:
Sur les 2882 détenus incinérés à Buchenwald il y
en eut:
18 en octobre 1943
172 en novembre 1943
670 en décembre 1943
719 en janvier 1944
536 en février 1945
767 en mars 1944
A ces décès, il faut ajouter les 3000 partis en transport dans les
camps de Maidanek ou de Bergen-Belsen en février mars 1944.
Au total, sur cette période de sept mois les
disparitions représentent 30% du total des arrivées.
Un crématoire provisoire , "crématoire de
campagne" est ensuite installé dans le camp, que décrit Sadron :
« C'est un four unique,
dans une misérable baraque de planches surmontée d'un long tuyau de
tôle coiffé d'un chapeau conique. On dirait une masure de la zone.
Elle est bien en vue au centre du camp. Jour et nuit le tuyau fume. On
voit d'abord, quand le four est vide, s'échapper de l'air chaud à
travers lequel frissonne la perspective. Puis, brusquement, sort une
fumée noire et grasse. L'odeur de la chair brûlée s'infiltre,
nauséeuse, dans les narines, on ne peut s'y faire. Au bout de quelques
minutes, la fumée devient bleutée, transparente, comme une fumée de
cigarette. Un corps a disparu. »

Un
détenu fait visiter le crématoire de Dora à La libération
À la fin de septembre 1944, un crématoire
définitif, qui subsiste encore aujourd'hui, entre en service sur le
flanc nord du vallon, à proximité du Block des tuberculeux du Revier. Il
est le symbole de l'autonomie du camp par rapport à Buchenwald.


Photo prise fin avril 1945 qui montre
l'amas de cendres humaines devant le crématoire de Dora.
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