La partie occidentale du camp, le Kleiner Pontel, est un marais que les SS décident de remblayer. Un témoin raconte comment, avec 60 camarades, il a arraché les rhizomes des roseaux sous les coups des kapos. " Il fallait casser la glace et se plonger jusqu'au ventre dans la boue glacée ".
Le cinquième jour, alors qu'il ne reste que 40 survivants, le commandant leur annonce, avec un grand sourire, qu'ils ont de la chance car ils sont remplacés par un groupe de Juifs à exterminer. " Cela leur évitera de goûter les senteurs d'Auschwitz " dit-il.
" Et nous avons vu arriver les Juifs, nos remplaçants, ils étaient 200 à 250; nous ne nous attendions pas du tout à cette vision : le plus âgé devait avoir tout juste 15 ans et le plus jeune 5 ou 6 ans au plus ! Je les ai vus, frappés à coups de manche de pioche par les SS qui les gardaient et qui, pour ne pas salir leurs bottes, avaient disposé des madriers dans le marais afin de les atteindre plus facilement. Le soir, les yeux immenses remplis de toute la détresse du monde, les survivants furent rassemblés dehors pour la nuit, à l'entrée du camp; car le commandant avait décidé qu'il était inutile de les héberger dans un block. En deux jours il n'en restait plus un seul ".

Plan du camp d'Ellrich montrant les divers bâtiments entourés de barbelés et surveillés par les miradors.

Le site de Ellrich comporte une partie à peu près plate sur laquelle se trouvaient les baraques des détenus et de la SS. Au sud une colline est dans le prolongement lointain du  Kohnstein.

Le camp est situé sur la frontière de deux territoires: Le royaume de Prusse, et le duché du Brunswick. Cette limite sert en 1945 à délimiter les zones d'occupation soviétique de celles des britanniques puis de la RFA et de la RDA

La petite gare d'Ellrich juste devant le camp.


Les blocks 1 et 2.
Photo prise en 1945 par Jacques Grandcoin.