Harzungen
Le camp
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Plan réalisé par Anne Le Fur, in André SELLIER, Histoire du camp de Dora, op.cit,p.508

La construction du camp est terminée dès juin 1944. Il y accueille des détenus non internés à Dora par manque de place. Il comporte 14 baraques dont 10 pour le logement des détenus, 2 pour le Revier. Le camp est prévu pour recevoir 4000 détenus gardés par la SS puis par les soldats de la Luftwaffe dans les deux autres baraques de l'autre côté de la route.

En juillet-août 1944, plusieurs Kommandos de Dora sont transférés à Harzlungen pour un temps relativement bref avant de partir pour Ellrich.

Les conditions de travail sont pénibles mais les conditions de vie dans le camp sont moins dures qu'à Dora. Les Blocks sont restés propres, sans poux. La nourriture était assurée de manière régulière. Par ailleurs, la Luftwaffe est moins sévère que les SS.

L'utilisation de la main d'œuvre.
Au début, les détenus sont transportés au chantier en camions militaires, puis plus tard sur des remorques de tracteurs, et en train à partir d'août 44, après la construction, par les détenus eux-mêmes, de la ligne Harzungen / Niedersachswerfen.
Du camp, ils doivent alors emprunter un chemin boueux jusqu'à un petit quai bordant une voie ferrée où ils embarquent à 50 dans des wagons à bestiaux.
Au village de Niedersachswerfen, qu'ils traversent à pied, ils rejoignent le petit train à voie étroite qui, après avoir contourné l'Himmelberg par le nord, les amène en 30 minutes au B3.
Ils sont entassés à 25 dans ces wagonnets découverts, par tous les temps, souvent les pieds dans l'eau, en tentant, pour s'abriter, de rejoindre le centre du groupe.
Accueillis par les chiens à l'arrivée, ils pénètrent à l'intérieur des barbelés qui encerclent les entrées des tunnels.
Le trajet, d'environ 10 km, dure 2 heures.
En février 45, avec la pénurie de charbon, les détenus se rendent à pied aux tunnels. Par -20 C° , 30 détenus meurent par jour en moyenne.

Les travaux étaient particulièrement pénibles:

  • Creusement des tunnels et souterrains B11 et B3. C'est à un véritable travail de mineurs dans la colline Himmelberg que doivent se livrer les détenus. Les travaux se font à l'aide de marteaux piqueurs bruyants sur des échafaudages instables.
  • Les explosions, chutes de pierres ou d'échafaudage étaient fréquents. Les gaz dégagés par l'explosion provoquaient des maladies pulmonaires : tuberculose, silicose, pleurésie, anthrax...
  • D'autres détenus étaient affectés au déchargement des wagonnets et à l'évacuation des déblais.


dessin n°72 de Boris Taslitsky, Le rail des wagonnets.

  • Le creusement des galeries se faisaient par roulement de trois équipes de huit heures.

dessin n°4 de Boris Taslitsky, Le retour des Détenus russes et polonais après un mois au Kommando S3 "creusement de galerie".