La Résistance dans le camp et les répressions.
Les arrestations

Au camp de Dora, les saboteurs et les comploteurs sont pris par le SS Sander qui se préoccupait des Rouges allemands, des Tchèques, des Russes, des Polonais et des Français.
Il est secondé par un Kapo français qui fut agent de la Gestapo en France.

Les arrestations visent certains Français du Revier avec un certain arbitraire. Les détenus sont ensuite copieusement tabassés, puis interrogés pour extorquer les aveux. Certains sont envoyés au Bunker, une simple pièce dans une baraque ouverte en juillet 1944 qui en compte 30. Chaque cellule a une surface de 6 m² environ avec un bat-flanc qui sert de siège, une tinette comme sanitaire. Dans les cellules, les prisonniers sont torturés parfois tués.

Au milieu de décembre 1944, une arrestation en masse de Russe est effectuée sur la place d'appel de Dora pour cause de sabotage des fusées V2. Plus d'une centaine d'hommes ont été arrêtés, dont certains ne sont ni communistes, ni même mêlés aux actions des sabotage.

Les pendaisons.

Beaucoup de témoignages évoquent les pendaisons sur la place d'appel avec un cérémonial toujours identiques et bien connu. Les Russes - soviétiques- ont payé le prix fort lors de ces pendaisons. Ils ont été arrêté suite à des sabotages, à leur tentative de complot mais aussi parce qu'ils étaient soviétiques et slaves et donc ennemis jurés du régime.

JEAN CORMONT (41279) / DORA

" Soixante pendus.
Le 21 mars 1945, les SS sont devant l'arbeitstatistik. Ils font dresser les potences sur la place d'appel. Tout le camp est rassemblé et les condamnés sortent du bunker.

Plus de soixante détenus seront bâillonnés avec un bâton en travers de la bouche, monteront sur un tabouret et seront pendus après que le bourreau l'ait retiré. "


Léon Delarbre, pendaison publique en mars 1945.
La plupart des détenus étaient des soviétiques.

Le Kapo du Bunker arrivait ensuite et saisissait les pendus par les pieds en tirant un coup sec sur le corps. Il dénouait ensuite les cordes, étendaient les pendus à terre et frappait sur les crânes à coup de tabourets pour les faire éclater.

Dans le Tunnel, il y avait également des pendaisons qui concernaient surtout des Russes. La cérémonie est la même mais elle est destinée tout autant aux détenus qu'aux civils allemands qui perdraient leur patriotisme et leur soutien au régime en 1945. En effet, le 19 mars 1945, Hitler avait intimé l'ordre de pratiquer la politique de la terre brûlée, c'est à dire la destruction de tout ensemble industriel de la Ruhr ou de la Sarre qui tomberait aux mains des ennemis.