La Résistance dans le camp et les répressions.
Une résistance individuelle: les sabotages.
Le 8 janvier 1944, la société Mittelwerk envoie une circulaire aux SS du camp concernant les sabotages. Les détenus répugnent à produire des fusées de mort pour le Reich. Ces actes sont individuels et spontanés. Les témoins n'ont aucune connaissance d'une quelconque organisation qui aurait donné un mot d'ordre.
Les actions sont discrètes et les détenus ont rarement connaissance de la portée de leurs actes.
Le savant Charles SARDON explique ses motivations en tant que détenu affecté aux contrôle des fusées:

"Le sabotage était un devoir sacré, n'allait d'ailleurs pas sans risques et beaucoup parmi nous en firent la triste expérience et payèrent de leur vie leur sens aigu du devoir. En dépit du régime de vie qui nous était imposé, nous tremblions à l'idée que nous étions contraint de participer à la mise en oeuvre de cet instrument de mort qui pouvait révolutionner les données de la bataille en cours, qui pouvait écraser nos villes, nos foyers (...) C'est (...) en assumant tous les risques que comportait cette attitude , que les camarades placés à des postes techniques de fonction ont paralysé, freiné et saboté autant que faire se pouvait la production.(...) Mon équipe à la chance de procéder au contrôle d'organes de stabilisation très délicats (...) Nous passons "bon" des séries entières (...) défectueuses."

Au cours de l'année 1944, la Gestapo a utilisé un réseau d'agents et de mouchards pour dénoncer les saboteurs.

La Résistance organisée dans le camp.
Ce sujet est délicat concernant Dora et Buchenwald et les tentatives d'organisation demeurent marginales dans ces camps. En ce qui concerne les Français, certains étaient reconnus comme communistes et tentaient d'organiser les opinions politiques dans le camp.

Par ailleurs, des dirigeants de la Résistance française, appartenant à 3 convois  de janvier 1944 ont été identifiés et maintenus à Buchenwald. Christian Pineau - un des fondateurs du mouvement de Libération Nord - y était sous la fausse identité de Grimaux

En mai 1944, deux nouveaux convois de Français arrivent à Buchenwald. Il y a des dirigeants communistes dont Marcel Paul qui parviennent à assurer le lien avec des communistes allemands des camps et avec ceux de la Résistance française non communiste.

A Dora même, aucune véritable liaison entre les détenus n'apparaît avant juin 1944. Les Français commencent à avoir une influence au Revier du fait de leur nombre croissant et de leur positionnement dans l'Arbeitsstatistik. Mais la communauté français e ne se structure vraiment qu'avec l'arrivée d'hommes comme Dejussieu-Poncarral, Bollaert, du convoi des "77000". 

Le complot
A Dora, à partir de novembre 1944, des Français, Tchèques, Russes et des Rouges allemands tentent de monter un coup visant à prendre le contrôle du camp et à la libérer. Le SD et la Gestapo ont eu vent de ce complot  et arrêtèrent leurs auteurs.